Une action collective est nécessaire face à l’attitude « sourde-oreille » du citoyen dont les arguments échappatoires sont les suivants :
« c'est un cycle naturel, l'homme ne fait que l'amplifier à la marge »
« c'est la faute aux américains, aux 4*4, bref à l'autre », « je fais des efforts, je vais chercher mon pain à pied le dimanche » (mais refuse de prendre des transports en commun ou de covoiturer avec mon voisin).
Ces déclarations ne sont- elles pas des prétextes pour éviter de remettre en question son mode de vie?
Il ne s’agit pas de limiter ses actions au vu du manque d'effort de son voisin. l’action doit être massive, collective, induite par la classe dirigeante à l'aide d'outils législatifs (droit, fiscalité) et pédagogiques.
à l'indispensable action de la classe dirigeante il faudrait ajouter des aménagements structurels : réorganisation du travail, redéploiement des transports en commun... et plus encore, il s'agit d'une redéfinition de tout notre mode de vie, passant d'une perspective de croissance et de (sur)consommation dont le moteur est le spectacle (lire Guy Debord) qui sépare les individus des autres et d'eux-mêmes (spectacle passif et infantile du monde et de soi, d'où sans doute cette désaffection de l'engagement individuel et militant), à une perspective responsable (adulte) de sobriété et de partage... Autant dire que la classe dirigeante - aujourd'hui aux ordres de la grande finance - ne risque guère d'induire un quelconque changement si l'ensemble de la société, soit chaque individu qui la compose, n'y aspire et n'instaure un nouveau rapport de force. Et, au vu de la récupération cynique des thèses écologistes par la "grosse machine" médiatico-marchande, on ne peut que douter des facultés d'anticipation de l'espèce humaine face aux défis du réchauffement climatique, de la destruction des éco-systèmes ou de l'épuisement des ressources naturelles (sans parler de l'autre défi, indissociable, des inégalités sociales). De là, ne faut-il pas un optimisme aveugle pour croire qu'un changement ne surviendra autrement qu'à la suite de graves crises économiques, sociales ou écologiques (et peut-être les trois liées) ? Pire, n'entend t'on pas ici et là des prophètes de malheur annoncer qu'une "bonne" guerre remettrait de l'ordre dans les affaires du monde ?
Ceci ne doit pas empêcher d'agir dès maintenant, mais en mesurant bien les limites de l'engagement individuel dans un cadre expérimental et précurseur (j'ai des amis qui sont en pleine campagne, se déplacent essentiellement en vélo, font leur jardin et travaillent juste le nécessaire pour assumer leurs quelques besoins sans aucune aide de l'état, et curieusement ils passent au mieux pour d'étranges et sympathiques "archaïques" que pour des pionniers des temps futurs !)
En tous cas bonne chance dans vos projets !
François
Rédigé par : françois carton | 02/05/2010 à 11:53